Subjective Menu Subjective #17 août 2010 Subjective
Subjective obsession pop mensuelle

TELEX



Subjective Live ! #6

La prochaine soirée Subjective Live !, ce sera le 21 octobre, toujours à l’International (Paris 11). Plateau fantabuleux avec Clint Is Gone, Studio Paradise, et Lepolair.



CHRONIQUES

LABI SIFFRE / "I got the…"

Ce titre mythique, je l’ai fait découvrir à Francè en arrivant à Marseille et depuis, j’ose le dire, ça a changé sa vie à jamais ! Labbi Siffre, ce type est un génie pour placer dans un morceau de pure soul une seconde partie sortie de nulle part proposant un beat qui deviendra culte pour toute une génération. ++


CHLOÉ / The Waiting Room

Un son à la fois profond et violent ressort de tous les mixes que j’ai pu écouter d’elle. En se faisant les dents et les doigts au Pulp, Chloé a appris à être discrète mais impeccable et implacable dans ses sélections, s’imposant ainsi tout naturellement sur la scène électro internationale... ++


Back in Brazil (compilation de Gilles Peterson)

Avec l’album Back in Brazil, il nous présente ce qui se fait de mieux depuis des années au pays de la samba. Vous ne serez pas déçus du voyage. De l’ancienne à la nouvelle école, il ne se contente pas de nous faire écouter des bijoux des années 60-70 ("Nana" de Wilson Simonal ou "Todas Aque Las Coisas" de Luisito), mais également des découvertes qu’il a fait sur place dans un style plus électro... ++


ZENZILE/ Pawn Shop

"J’aime leur métissage à la fois musical et humain. Le son de Zenzile, plus dark, plus aérien, plus envoûtant, s’écarte de la musique reggae (origine du dub) en y apportant des sonorités soul, jazz, punk, soft rock et folk. C’est un groupe qui a su multiplier les featuring éclectiques avec classe : Jamika (poétesse américaine, aujourd’hui chanteuse du groupe), Femi Kuti, Bumcello, Sir Jean, High Tone..." ++






EDITORIAL

Août 2010 : Studio Paradise

Tu t’es plaint tout Juillet : pas assez beau, pas assez chaud. Ben tiens, clique sur le petit lecteur à ta gauche et enfile tes chaussettes à paillettes. La vague de chaleur, bébé, c’est pour maintenant.

Mais Achtung, darling, faut que je te dise à quoi tu t’exposes. Tu vas te mettre dans des crazy situations. Voir le paradis depuis ton studio. Dès que quelqu’un dira le mot "Cool", tu répliqueras par un "AAAAAaaah" de serial lover. Tu ne vas pas danser jusqu’à l’aube, tu danseras seulement à l’aube. Fou, survitaminé. Une lumière floue, la fatigue, les meilleures heures de la fête.

Et vingt quatre sur vingt quatre, les yeux écarquillés à force de ne pas vouloir dormir, la démarche trahissant une envie désespérée de dancefloor, résonnera dans ta tête l’étrange musique de ces Travolta rêveurs.

Studio Paradise / photo de Quentin Crestinu pour Subjective

Du matin au soir, donc, six creatures te filent ta drogue musicale, directement installées dans ton cerveau, jouant des machines le long de tes neurones, prenant la pose contre tes synapses, chantant allongées telles des rock stars dans une piscine de moëlle cervellaire.

On les a rencontrés sur des rails où l’herbe pousse depuis longtemps, à l’Est de Paris. On les écoute, on est bien. Ils sont rigolos, là, tous, la tête dans les nuages et les pieds battant la mesure. Entre les prises, Laurent et Thomas font des percus sur les rails et le tunnel, Greg balance discrètement de sacrés riffs, David parle aux escargots et Francé vérifie derrière ses lunettes de soleil que la voie est vraiment désaffectée. Manquait Seb, celui qui, à l’origine de Studio Paradise, a passé des nuits blanches avec Francè, à créer compo sur compo. Quelques mois plus tard, il passent du vieux mini-disc au vrai enregistrement studio. Francè monte à Paris, décide de trouver des musiciens. On imagine la gueule de l’annonce : "Duo nocturne, dont un manquant, cherche musiciens tarés, muets et surdoués en vue musique de rêve survitaminé. Appeler au studio qui transmettra par voie karmique". Pardon, je délire, j’ai quitté mes rails. Simplement, à les écouter, tu as les pieds qui s’envolent.

Toi aussi, maintenant, il te faut ta dose de paradis.

Tu sais ce qui te rend accroc. C’est cette impression de distance brumeuse, presque de manque, comme si tu étais à la fois en plein coeur de la fête et complètement en train de la survoler. L’impression que quelque chose de puissant t’appelle, que tu ne pourras jamais atteindre. La fièvre monte, le Paradis résonne aux portes de ton studio, un mélange de souvenirs et de couleurs brûlantes, et tu es soudain là, dans ton lit, le sang qui cogne dans tes oreilles au rythme des hurlements de ton réveil. Il est sept heures du matin, tu as des fourmis dans les jambes et des paillettes dans les yeux.

On t’avait prévenu. Obsession hautement contagieuse. Fièvre subjective.

> Camille Hardouin



Pour ce numéro un peu à part, Subjective tient à remercier Pauline Deneufbourg, Julien Meynet, Quentin Crestinu, et Gildas Coustier.










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